14 Jours de Méditations

✣ Jours 6 - L'Humilité

Je cherche quelle peut être ma place dans ce Monde. Je cherche toujours à « faire », à jouer un rôle, accomplir une mission, laisser une trace. Ou plus simplement à exister.Mais ma place n’est pas un lieu, ni une œuvre réalisée. Ma place est représentée par la Vie. Par Ma vie. Mon incarnation est ma place. Cela ne semble pas être grand-chose. Et c’est vrai. Cette place est insignifiante dans l’univers. Mais sans elle, l’univers ne serait pas l’univers. C’est donc une place à la fois insignifiante et indispensable. Cette conscience est celle de l’humilité. Je ne suis pas là pour faire quoi que ce soit. Encore moins pour changer le monde ou les gens. Je n’ai rien à améliorer ou à changer car tout est à sa place. Tout est parfait. Et donc je suis parfait et à ma place. Car qui a le pouvoir de décréter ce qui est imparfait ? Ce que Dieu crée est parfait. Ce que crée l’ego est imparfait. Mais il ne s’agit pas là de morale. Il ne s’agit pas de dire ce qui est bien ou mal. Il s’agit de comprendre que je me suis incarné pour « être » et non pour « faire » (encore moins pour « avoir »).

Dieu me donne ce qu’il me faut pour être ce que je suis dans ce monde. Il me donne les moyens d’être et donc de vivre en conscience dans l’instant présent et en toute simplicité qui je suis. J’ai donc le choix d’être qui je suis ou, au contraire comme me le propose mon ego, d’essayer d’être quelqu’un d’autre, qui vit d’autres choses dans d’autres mondes, à la recherche d’un autre bonheur illusoire.

✣ Jours 7 - Le Don

Le don ne peut exister que si quelque chose m’appartient. Si je n’ai rien, je ne peux rien donner. Donner ne veut donc pas dire se démunir, mais au contraire, acquérir, recevoir, échanger et transformer. Jésus enseigne : « Donnez, et vous recevrez ». Il parle ici d’énergie. Et l’énergie prend toutes sortes de formes. Elle se transforme sans cesse et ne se stocke pas. Ce sont les lois universelles de la physique. L’énergie circule. La propriété est donc une illusion créée par l’ego. Je nais nu sans aucune possession et je repartirais de ce monde nu et sans aucune possession. Entre ces deux moments, s’attacher à des choses, croire que je les possède est pure folie. Si c’est le cas, ce sont elles qui me possèdent. A l’inverse, si je comprends que je ne possède rien et que tout ce qui traverse ma vie fait partie du décor utile à mon éveil, je suis comme un enfant qui utilise les jouets éducatifs que la crèche mais à sa disposition et qu’il laissera derrière lui en rentrant à sa maison.

Donner est donc simplement l’acte qui consiste à faire circuler l’énergie. Il ne s’agit pas de me délester de surplus d’énergies stockées, mais d’ouvrir les portes de l’accueil, de l’échange, du partage. J’ouvre les portes de mon cœur, cet organe qui pompe et fait circuler mon sang dans tout mon corps. Il est le symbole de la Vie qui ne peut stagner, qui ne peut se stocker, mais qui ne cesse d’évoluer et de se transformer. Donner doit devenir le moteur de ma Vie.

✣ Jours 8 - La déculpabilisation

Je vis sur Terre comme un locataire. Je suis arrivé nu et je repartirai nu. Entre ces deux bornes spatio-temporelles, j’amasse des biens mais c’est folie de croire que ces biens m’appartiennent. S’identifier à eux, leur donner un sens, leur donner de l’importance relève d’un processus égotique. Les choses matérielles nécessaires à ma vie viennent à moi pour accomplir ce que j’ai à vivre. Je les ai pris au vestiaire avant d’entrer sur la scène de théâtre de cette vie terrestre, je les rendrais en partant.

Le partage n’est donc pas un acte volontaire de ma part, mais un acte salutaire, un acte lucide. Car le partage c’est tout simplement la Vie. Je dois partager tout ce qui m’entoure. Aller à l’encontre de cette loi universelle, est je le répète de la folie. Une folie dictée par mon ego qui essaye de stocker de l’énergie, ce qui n’est pas physiquement possible. Mon ego qui essaye de ramener à lui des choses, des gens, des actes. Qui souhaite les garder et s’y identifier pour définir les limites de son existence propre. Illusion dérisoire et pitoyable, mais pourtant si réaliste.

Si je vis détaché de tout, il n’est pas difficile de partager. C’est juste naturel et surtout vital pour le bien de tous.

✣ Jours 9 - L'Unité

Si j’arrive à ressentir au plus profond de moi un sentiment d’unité, d’interdépendance et d’interaction entre moi et le reste de l’humanité, alors tous les hommes deviennent mes frères. Je me sens alors introduit dans une famille et non dans un combat impitoyable pour obtenir une place que je dois défendre coute que coute. Le sort de mon frère me préoccupe donc au même titre que mon propre sort. Je ressens donc mon interdépendance avec tout être vivant.

✣ Jours 10 - L'égalité

Lorsque Marie, enceinte, est obligée de gagner le désert pour éviter la lapidation. Elle s’assoie auprès d’un dattier qui lui fournira sa nourriture et l’Ange Gabriel fait jaillir une simple source d’eau pure à ses côtés. Telle est la juste compréhension de l’abondance.

Avoir toujours exactement ce qu’il faut, quand il le faut. Avoir toujours en conscience dans l’instant présent que Dieu me donne toujours ce dont j’ai besoin, ni plus, ni moins, est un signe immense de Foi. C’est aussi une grande libération. C’est le vrai sens du mot pauvreté.

Car être pauvre signifie avoir confiance dans ce principe divin. La pauvreté n’a pas de rapport avec la quantité de choses ou de biens dont nous avons besoin.

Etre pauvre signifie ne rien posséder et être ainsi totalement libre.

Etre riche signifie avoir conscience de l’abondance, savoir que j’aurais toujours ce dont j’ai besoin au moment où j’en aurais besoin. Et donc ne pas avoir à se préoccuper d’acquérir et encore moins de stocker. Mais se contenter de vivre, et d’être.